Chronique de Patrice Gicquel sur Maitre Lee Kwan Young
Cette modeste Chronique s’inspire librement de celles que faisait Henry Plée dans le
magazine Karaté Bushido.
Pour comprendre un homme et son parcours il faut remonter à la source.
Maitre Lee Kwan Young est né en 1946 à Séoul , son enfance est difficile puisque son père docteur en médecine est enlevé par les Coréens du Nord.
Il débute la pratique du Tang Soo Do qui deviendra plus tard Taekwondo.
Ceci exceptionnellement à l’âge de neuf ans et se retrouve sous la tutelle de Maitre Park Hae Man alors instructeur junior de Maitre Um un-kyu.
Il trouve dans la pratique de cet art le moyen de s’affirmer et de donner un véritable sens à sa vie .
En 1966 il se porte volontaire au coté des forces américaines engagées dans la guerre du Vietnam, avec le grade de sergent.
Un homme normal aurait perdu pieds, il en tire une force moral et un appétit de vaincre à toute épreuve.
De retour en Corée il participe ainsi que 84 candidats à un concours qu’il remporte et lui ouvre la possibilité d’arriver en France pour y développer son art.

Deux hommes vont l’accueillir pour cette tache, Henry Plée pionnier du Karaté en
France et Marc Bigoureau PDG de l’enseigne Sédirep qui l’hébergera et éditera son premier livre sur le Taekwondo.
Mais arriver en France à l’âge de 23 ans lorsque l’on ne maitrise ni la langue ni les moeurs est une chose encore une fois difficile.
Il va alors vivre de petit boulots mal payés et apprendre le français à l’alliance Française.
Il fera ses preuves de combattant hors pair en affrontant 13 adversaires dans le quartier Saint Michel qui voulaient le racketter.
C’est ainsi qu’il se fait connaitre par les forces de Police !
Sa première démonstration de Taekwondo s’effectue au Gymnase Pierre De Coubertin à Paris.
Le public découvre un jeune homme doué et capable de réaliser des coups de pieds invraisemblables, c’est ainsi que nait une légende et que le Taekwondo inconnu jusque la se trouve qualifié de « Karaté Volant »
Lors d’une autre démonstration cette fois ci à Orsay, des karatékas subjugués par la performance n’hésitent pas à enlever leurs ceintures noires pour demander à Maitre
Lee Kwan Young de leur enseigner son art.
En 1970 s’ouvre ainsi le premier club de Taekwondo en France à Orsay.
De fil en aiguille il va développer le Taekwondo d’abord dans le département de l’Essonne puis dans toute l’ile de France.


Parmi ses premiers élèves il y a Laurent Barberon qui l’hébergera chez lui pour le dépanner, puis arriveront ensuite Patrick et Wladeck Stanczak, Benjamin John, Suphorid Sarun, Michel Caron et bien d’autres.
Son viatique: « faire une fois est mieux que regarder cent fois »
Sa devise: « le monde est pile et face »
Son objectif: faire connaitre les arts Martiaux Coréens.
Sa Patrie : la France qu’il arpente du nord au sud en multipliant les démonstrations et
les stages.
Maitre Lee Kwan Young reste attaché au coté traditionnel du Taekwondo, pour lui la compétition c’est toucher alors que le traditionnel c’est casser.
En 1984 il intègre une équipe d’infiltration de la Police Judiciaire sous le pseudo « Alexandre », il y restera pendant dix ans apportant encore une fois la preuve concrète de son attachement à la France.
En 1988 je fais sa rencontre lors d’un stage à Brétigny dans le département de l’Essonne.
C’est ici que s’arrête la première partie de ma chronique consacrée à Maitre Lee Kwan Young.
